Agriculture et sylviculture : 9 recommandations pour développer la filière « agroéquipements »

Intégrer plus rapidement l’innovation… Mieux articuler économiquement et techniquement les dynamiques industrielles, de recherche et développement… Renforcer la visibilité du potentiel français à l’international. Telles sont les grandes orientations que fixe le rapport « Définir ensemble le futur du secteur des agro-équipements » remis récemment aux ministres de l’Économie, de l’Agriculture, et à la secrétaire d’État […]


Intégrer plus rapidement l’innovation… Mieux articuler économiquement et techniquement les dynamiques industrielles, de recherche et développement… Renforcer la visibilité du potentiel français à l’international. Telles sont les grandes orientations que fixe le rapport « Définir ensemble le futur du secteur des agro-équipements » remis récemment aux ministres de l’Économie, de l’Agriculture, et à la secrétaire d’État chargée de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Premier pays agricole de l’Union européenne en chiffre d’affaires, premier marché européen pour l’équipement dédié au secteur agricole, troisième acteur européen sur ce marché, avec « un nouveau record, en hausse de 8 % par rapport à son niveau de 2012 »… Le secteur de l’équipement destiné aux professionnels de l’agriculture et de la sylviculture offre aujourd’hui un potentiel intéressant au regard de la stratégie nationale de « Nouvelle France industrielle ». Paradoxalement, c’est la bonne tenue du marché national qui semble être un frein au développement de ce potentiel, dans une situation de concurrence mondiale appelée à s’accroître et à peser négativement sur une balance commerciale du secteur déjà déficitaire.

En vue d’une stratégie nationale pour les agro-équipements

C’est ce constat qui oriente les recommandations présentées dans le rapport « Définir ensemble le futur du secteur des agroéquipements » rendu le 12 janvier 2015 par le président de l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’agriculture (Irseat), aux ministres de l’Agriculture et du Redressement productif et au secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche. La mission confiée, en mars 2014, à son auteur, consistait notamment à émettre « dans un délai de six mois (…), des recommandations pour la mise en place de stratégie d’accompagnement, à l’échelle nationale et internationale, répondant aux besoins en agro-équipements permettant d’allier l’ambition du projet agro-écologique et le développement de ce secteur industriel ».
Le diagnostic (forces, faiblesses, opportunité, contraintes) a été établi sur la base de questionnaires adressés aux entreprises, d’une étude biométrique des brevets, d’une analyse comparative avec l’état du secteur en Allemagne et Italie. Les principaux représentants du secteur (utilisateurs, entreprises, organismes de recherche et d’enseignement, services de l’État) régulièrement consultés dans le cadre d’un comité de pilotage ad hoc, ont contribué à l’élaboration des recommandations.

L’environnement comme levier de compétitivité

L’axe clé de ces propositions est de faire levier sur la compétitivité via l’innovation environnementale.
A l’échelle de l’entreprise, sont pris en compte les bénéfices :
–  économiques (réduction des coûts de production, production performante en quantité et en qualité)
– sociaux (amélioration du confort, réduction des risques, solidarité et développement des échanges)
– environnementaux (réduction des émissions vers l’eau et l’air, optimisation des consommations énergétiques, maintien du potentiel des sols)

L’enjeu clé de « l’innovation de rupture »

Considérant que « les agro-équipements, pièces indispensables et centrales à la plupart des systèmes de production actuels, doivent être vus comme des leviers de transition vers de nouveaux itinéraires techniques », la notion « d’innovation de rupture » est plus particulièrement mise en avant dans le cadre d’une argumentation très technique. S’y raccrochent des solutions technologiques (agriculture de précision, robotisation, énergie électrique appliquée au transport), et des pratiques plus intelligentes versus utilisateur (partage d’équipements, optimisation de la chaîne logistique, irrigation avec des eaux traitées, production de fertilisants d’usage pratique à partir des effluents organiques…). L’impact de ces solutions est hiérarchisé à la fois en fonction de l’impact et d’un échéancier possible de  déploiement.

3 grands enjeux chaînés : solutions des entreprises, écosystème d’innovation, stratégie de filière

Les 9 recommandations visent parallèlement à accélérer l’intégration de ces solutions et à résoudre le problème structurel clé dont pâtit aujourd’hui le secteur : un manque de lisibilité nationale et internationale. Elles se déclinent autour de 3 grands axes, chaînés et  correspondant respectivement à :
1) La production de solutions par les entreprises (fournisseurs, clients) pour une intégration accentuée de ces solutions et, entre autres, « Préparer l’agriculture numérique » (axe « Préparer l’agriculture de demain).
2) Une meilleure articulation entre entreprises/organismes de recherche et de transfert de technologie, du secteur mais aussi de secteurs connexes (automobile), nécessaire pour « Encourager l’innovation, organiser son écosystème »).
3) Une mobilisation d’ensemble, inclus les décideurs institutionnels, via notamment un Comité stratégique de filière garant de la cohérence de l’ensemble des dispositions dont aussi celle visant à adapter la formation, l’expertise et la promotion aux besoins des entreprises (axe  « Renforcer les compétences et les moyens du secteur »).

• Références

Jean-Marc Bournigal. « Définir ensemble le futur du secteur des agroéquipements ». Rapport de la mission Agroéquipements au ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, au ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, à la secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche. En ligne. 150 pages. Octobre 2014. Consulté le 20/01/205. http://www.developpement-durable.gouv.fr
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